Université de Saint-Boniface

L’Université de Saint-Boniface (USB) est un établissement d’enseignement supérieur de langue française situé dans la province du Manitoba, au Canada. L’USB offre des programmes universitaires généraux et spécialisés ainsi que de la formation technique et professionnelle à une clientèle variée provenant du Manitoba, d’autres régions du Canada et d’une vingtaine d’autres pays. Établi dans le charmant quartier de Saint-Boniface, dans la ville de Winnipeg, cet établissement bientôt bicentenaire se distingue par l’ambiance chaleureuse de son campus, son enseignement de qualité exceptionnelle et le dynamisme de sa recherche. Affiliée à l’Université du Manitoba, l’USB compte aujourd’hui 1250 étudiants réguliers et plus de 5000 inscriptions à la Division de l’éducation permanente qui comprend une École de langues.

L’Université de Saint-Boniface, le premier établissement d’enseignement de l’Ouest canadien, retrace ses origines à l’arrivée de l’abbé Norbert Provencher (1787-1853) au Manitoba en 1818. Il s’agit au départ d’une modeste résidence où le latin est enseigné aux garçons de la colonie française de la Rivière-Rouge.

L’école se développe et, en 1855, Mgr Alexandre-Antonin Taché (1823-1894) fait construire le Collège de Saint-Boniface, un édifice de deux étages, à l’angle de l’avenue Taché et de la rue Masson.

Entre 1866 et 1870, sous la direction de l’abbé George Dugas, le Collège réorganise ses programmes. L’enseignement du latin, du grec et de la philosophie est consolidé dans un cours classique.

Incorporé en 1871, le Collège constitue l’une des premières institutions officielles de la nouvelle province du Manitoba, qui s’est jointe à la Confédération canadienne l’année précédente. En 1877, avec le St. John’s College (anglican) et le Manitoba College (presbytérien), il participe à la fondation de l’Université du Manitoba. Le Collège sert la clientèle catholique francophone et anglophone. Le Manitoba connaît en même temps une immigration francophone importante, en provenance du Québec, mais aussi de la France, de la Suisse et de la Belgique. En 1880, l’augmentation générale des inscriptions mène à la construction d’un bâtiment plus spacieux, à l’emplacement actuel du parc Provencher. Le Collège accueille alors trois cents élèves par année.

En 1890, le français perd son statut de langue officielle du Manitoba et, en 1916, la loi Thornton interdit de façon définitive l’enseignement du français dans les écoles publiques de la province. Établissement privé, le Collège maintient ses activités et invite même les écoles publiques à braver l’interdiction du gouvernement. L’enseignement du français se poursuit à l’insu des autorités.

En 1922, un incendie majeur fait dix victimes et détruit complètement l’édifice, y compris tous ses registres et les 40 000 volumes de sa bibliothèque. L’archevêque de Saint Boniface, Mgr Arthur Béliveau, offre alors aux sinistrés le Petit Séminaire, situé avenue de la Cathédrale, soit l’emplacement actuel de l’établissement. Les jésuites anglophones fondent leur propre collège (St. Paul’s College) en 1925. L’USB devient donc un établissement francophone, même si des cours commerciaux y sont offerts en anglais jusqu’en 1941.

Les années soixante sont marquées par trois changements importants : l’arrivée des femmes dans les salles de classe (1959), les débuts de la formation continue (dont des cours de français oral et langue seconde) et la laïcisation de l’établissement (1969).

En 1975, le Collège commence à offrir de la formation technique et professionnelle, ce qui mènera à la création de l’École technique et professionnelle en 1989. En 1983, l’éducation de niveau secondaire est transférée au Collège Louis-Riel et le Collège affirme sa nouvelle vocation : l’enseignement supérieur uniquement.

L’établissement devient officiellement l’Université de Saint-Boniface en septembre 2011.

Malgré son nouveau statut d’université, l’USB demeure dûment affiliée à l’Université du Manitoba, dont elle a été un membre fondateur en 1877. Enchâssée dans la Loi sur l’Université de Saint-Boniface, l’affiliation à l’Université du Manitoba présente des avantages précieux pour le personnel de l’USB tout aussi bien que pour sa population étudiante et l’USB souhaitait conserver cette relation privilégiée qui dure depuis 135 ans. Les diplômes universitaires continueront à être décernés par l’Université du Manitoba. Cependant, les diplômés et diplômées de l’École technique et professionnelle (ETP) recevront un diplôme ou certificat de l’Université de Saint-Boniface.

Véritable pivot de l’éducation en français et de la francophonie manitobaine, l’USB accueille aujourd’hui une clientèle étudiante en provenance de partout dans le monde et sa réputation d’excellence dépasse largement le Canada.

En plein cœur du quartier francophone paisible et verdoyant de Saint-Boniface, à Winnipeg, le campus de l’Université de Saint-Boniface se situe à proximité de cafés, de restaurants et de boutiques. À quelques minutes se trouvent aussi l’Hôpital Saint-Boniface, la Cathédrale de Saint-Boniface et l’ondoyante rivière Rouge. Les marcheurs franchissent à pied l’imposante Esplanade Riel pour atteindre le centre-ville de Winnipeg ou encore le grand marché public de La Fourche.

Revêtu de magnifiques pierres de Tyndall, le bâtiment principal de l’USB abrite deux gymnases, un centre de conditionnement physique (le Sportex), une bibliothèque, une chapelle, le Centre étudiant Étienne-Gaboury, une radio étudiante, un amphithéâtre, un centre informatique, une salle de spectacles et une galerie d’art.

Le Pavillon Marcel-A.-Desautels, un tout nouveau bâtiment consacré aux sciences de la santé, a ouvert ses portes en 2011.

L’Université de Saint-Boniface offre à la fois de la formation universitaire, de la formation technique et professionnelle ainsi que de la formation continue.

 

La Division de l’éducation permanente (DEP) de l’Université de Saint-Boniface offre de la formation continue dans plusieurs domaines. Son École de langues propose notamment des cours de français et d’espagnol, et se distingue dans la production de matériel didactique pour l’enseignement du français (langue première ou langue additionnelle). La DEP compte plus de 5000 inscriptions annuellement.

La recherche menée à l’Université de Saint-Boniface rayonne à l’échelle internationale et se développe tout particulièrement dans des domaines liés de près à l’établissement, par exemple la santé, la francophonie et l’identité métisse.

Fondé en 1985, le Bureau de la recherche de l’USB regroupe notamment le Centre d’études franco-canadiennes de l’Ouest (CEFCO), les Presses universitaires de Saint-Boniface (PUSB), la Chaire de recherche du Canada sur l’identité métisse (CRCIM) et l’Alliance de recherche universités-communautés sur les identités francophones de l’Ouest (ARUC-IFO).

Les objectifs et pouvoirs de l’Université de Saint-Boniface sont décrits dans la Loi sur l’Université de Saint-Boniface, dont la plus récente version est datée de juin 2011. Sa gouvernance bilatérale se compose du Bureau des gouverneurs et du Sénat. Plusieurs comités sont également en place pour répondre à des besoins particuliers.

D’origine hongroise, Gabor Csepregi a quitté le Bloc de l’Est en 1968. Son gout de l’aventure et sa soif du savoir l’ont mené au Canada, plus précisément à Québec, où il a étudié à l’Université Laval. Il est titulaire d’un doctorat en philosophie (1986) et d’une maîtrise ès arts en théologie (1976). Avant d’entreprendre une carrière universitaire, il a été entraineur de l’équipe canadienne de water-polo de 1978 à 1984. Il est aussi un auteur prolifique ayant publié des essais et des articles savants en plusieurs langues, principalement en anthropologie philosophique, éducation et musique. Il est recteur depuis juillet 2014.

Le Bureau des gouverneurs est responsable de l’administration de l’université. Ses fonctions comprennent la gestion des biens de l’établissement, la nomination des cadres supérieurs, l’adoption du budget et l’ajout ou l’abolition de programmes. Il est composé d’une quinzaine de personnes.

Plusieurs diplômés de l’USB ont connu une carrière ou un destin exceptionnels. Parmi eux ont figuré des juges célèbres, des avocats, des évêques et des archevêques visionnaires, de véritables pionniers de la radio et de la télévision, des gagnants de la coupe Stanley de hockey sur glace, un architecte de renom et un chanteur de renom international. Les anciens de l’USB comptent aussi bien sûr Louis Riel, dirigeant métis qui a négocié l’entrée de la province du Manitoba dans la Confédération canadienne en 1870.

Les Presses universitaires de Saint-Boniface ont été fondées en 1990. Elles publient les résultats de recherche du corps professoral de l’Université de Saint-Boniface ainsi que les travaux du Centre d’études franco-canadiennes de l’Ouest (CEFCO) et les Cahiers franco-canadiens de l’Ouest.

Les ouvrages publiés à ce jour par les PUSB portent sur l’intégration scolaire, la traduction, la grammaire, la production culturelle, les relations interlinguistiques et socioculturelles ainsi que l’éducation francophone en milieu minoritaire.

Les œuvres littéraires de Gabrielle Roy et de Roger Léveillé sont également parues aux PUSB.